Triste rappel de la dévastation qui frappe Haïti, aujourd'hui marque le 15éme anniversaire du tremblement de terre de Kobe (préfecture de Hyogo). Même si celui ci paraît dérisoire en terme de pertes humaines (6434 morts à Kobe) par rapport au cataclysme subi par la ville de Port au Prince, les dégâts matériels furent énormes.















Le 17 janvier 1997, un séisme de magnitude 7,3 fut suivi de seize répliques de moindre intensité. Le foyer (du fait de sa faible profondeur et du jeune âge des failles) se trouvait sous le port de Kōbe a détruit une majorité de la ville.




















En ce jour de commémoration, de nombreux hommages et manifestations ont été organisés dans la ville.













Les Japonais mangent des anguilles (Unagi) depuis la période Nara (奈良時代) Connue pour ses bienfaits médicaux, sa consommation s'est généralisée durant la période Edo (江戸時代). Historiquement cultivée à Hamamatsu (浜松) dans la précture de Shizuoka (静岡県), l'anguille japonaise contient un taux important de protéines, de vitamine A et de calcium.

L'anguille se mange grillée, le poisson est cuit ouvert et sans peau et assaisonné avec la sauce Kabayaki (sauce composée de sauce de soja, de mirin et  de sucre).













De nos jours, l'unagi est consommé en toutes les saisons et reconnu pour ses effets toniques, mais il est plus apprécié en été notamment lors du "Doyô no ushi no hi" (土用の丑の日) qui a lieu généralement le 31 juillet.














Après ce bref historique de ce qu'est l'unagi au Japon, je tenais (une fois de plus) à vous présenter un restaurant, ce dernier étant évidemment spécialisé dans la cuisine d'anguilles :  Obana(尾花). Et une fois n'est pas coutume, je vais vous emmener dans un quartier situé dans la banlieue de Tokyo, à savoir Minami senju (南千住) dans l'arrondissement d'Arakawa (Ligne JR Jouban et métro Hibiya).


On ne trouve que du classique au menu, dans la pure tradition japonaise : le menu washoku (和食) avec des anguilles grillées accompagnées de riz et d'une soupe miso vous comblera sûrement.
Je vous conseille aussi fortement les brochettes d'anguilles et les Umaki (鰻巻き) , qui sont des morceaux d'anguilles grillés roulés dans une omelette.


































Manger des anguilles, c'est un peu comme quand on va manger des sushis, autant y aller rarement et manger des produits de qualité. Mais qui dit qualité à Tokyo, dit addition salée; comptez entre 20 et 30 euros. La portion n'est pas congrue mais les produits sont sélectionnés...
















Adresse

尾花(Obana)
Arakawa ku Minami senju 5-33-1
Ouvert de 11:30~13:00
et 16:00~19:30
Fermé le lundi

Site Internet
http://www.unagidaisuki.com/obana.html


Un des sujets tabous au Japon reste la celui de la seconde guerre mondiale. Les japonais en parlent très peu et évitent en général d’aborder le sujet. Sans en remémorer non plus les événements, je vais vous présenter l’un des symboles de l’union du peuple avec son armée : les porte-bonheur des soldats japonais lors de la période 1937-1945.


Les banderoles Nobori (幟)
Lors du départ d’un conscrit pour l’armée, parents et amis achetaient des banderoles que l’on arborait le jour du départ. Appelés Nobori (幟), ces banderoles pendent verticalement, suspendues à une tringle et sont portées au bout d’une perche. Elles mesurent généralement deux à trois mètres. En toile, plus rarement en soie, elles sont vendues avec des motifs imprimés représentant soit le drapeau national et celui de l’armée entrecroisés, soit celui de l’armée : le disque rouge et les rayons (日の丸) et contient presque toujours les caractères « félicitations ».



 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Ici, en arrière plan de chaque côte du drapeau
 
Le drapeau Hinomaru (日の丸)


Le plus connu de tous ces symboles est bien sûr le drapeau que possèdaient la plupart des soldats, le hinomaru (disque rouge), ou soleil levant, dit aussi bun-tchokyu (武運長久), du Bun (武運) : sort des armes et tchokyu (長久) : longue vie. L’expression signifie « la prière adressée aux dieux que le soldat soit heureux au combat et qu’il ait une longue vie », plus prosaïquement, nous dirons certainement « qu’il gagne et en revienne ».

Sous forme de rectangle de soie ou de toile portant un disque rouge, il s’accompagnait tout autour des Yosegaki (寄せ書き), les souhaits et signatures de la famille, des amis, des collègues et en principe, en plus gros caractères bun-tchokyu.

Ce drapeau était porté en campagne et au combat, sur soi et très souvent fixé au fusil ou à la baïonnette.



 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
La ceinture Sen-nin-bari (千人針)


Chaque soldat avait aussi une ceinture porte-bonheur portée sous les vêtements appelée Sen-nin-bari ou broderie par mille personnes. Que l’on appelait plus communément « ceinture aux milles points » (de broderie). Egalement en soie ou en toile, elle comporte le disque rouge, et à l’avers, l’inscription bun-tchokyu en fil rouge, couleur du bonheur quand elle est combinée avec le blanc.



 
 
 
 
 
 
 
 
L’origine de cette ceinture remonte à une ancienne légende dans laquelle un tigre, symbole du guerrier, parcourut mille RI (vieille mesure japonaise égale à une lieue ou 4 km), puis revint, parcourant de nouveau mille RI, ce qui signifie qu’il revint sain et sauf. Ces ceintures sont soit offertes directement par l’épouse, les parents, soit brodées par des écolières ou groupes de femmes et expédiées aux soldats.
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Les sacs de consolation Imon-Bukuro (慰問袋)


Pour soutenir le moral des troupes, des collectes étaient organisées au cours desquelles on distribuaient des sacs imprimés dits imon-bukuro, littéralement « sacs de consolation », dans lesquels on mettait des cigarettes, photos, friandises, chocolats. Déposés à la mairie et collectés, ces sacs étaient soit expédiés à des destinataires précis, soit anonymes. D’un côté sous un motif guerrier, on pouvait lire le classique bun-tchokyu et, à côté, Imon Bukuro.



 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Les bandeaux hatchi maki (鉢巻)


Les soldats japonais conservaient aussi des bandeaux dits hatchi maki, arborés au front, avec le disque rouge et diverses inscriptions comme Banzai (万歳 ) « pour gagner », la plus célèbre étant bien sur Kamikaze (神風), portée non seulement par les pilotes des unités-suicide que par les marins d’unités spéciales.




Même si il existe de très nombreux parcs intéressants à Tokyo, le parc Nogawa (野川公園) se démarque par la diversité des paysages qu'il offre. En effet, on peut y trouver un cours d'eau, une mini chute d'eau, des sapins, des chênes et bien évidemment un point barbecue.
Situé non loin de la station de Tama (environ 15 minutes), connue pour abriter l’université de langues étrangères (外国語大学) ainsi qu'une école internationale, il n'est pas rare de voir le parc animé pendant les périodes de Hanami.
















La présence de sapins (phénomène rare dans les parcs Tokyoïtes) donne un certain cachet européen à l'endroit, et je me rappelle avoir dit à des amis japonais : c'est un petit air d'Autriche à Tokyo. Peut être est-ce excessif dès lors que quelques sapins ne peuvent être comparés aux forets du Tyrol mais le dépaysement, même succinct, est bel et bien au rendez-vous.


























Cette notion de dépaysement est accentuée par le trajet qui mène au parc. La ligne Seibu Tamagawa, du fait qu'elle reste l’une des rares du réseau tokyoïte à conserver le poinçonnage des tickets à la main (il n'y a pas de machines électroniques) nous donne l'impression de voyage dans les campagnes lointaines du Japon.


















































Pour s'y rendre

 
En train
Ligne Seibu Tamagawa (西武多摩川線) que l'on prend via la station (武蔵境) sur la ligne Chuo (中央線) et on s'arrête à la station Tama (多磨駅).
En bus

En bus via les stations de Chofu (調布), Mitaka (三鷹) ou musashi koganei (武蔵小金井) en s'arrêtant à l'arrêt Nogawa Kouen Takebashi (野川公園一之橋).





Pour être franc, je voulais présenter ce titre depuis déjà de nombreuses semaines. Sorti un an après les attaques terroristes du 11 septembre 2001, "911" reste un des rares titres de la musique japonaise qui aborde ou plutôt qui apporte une vision critique sur la politique américaine et sur le rôle du gouvernement dans ces attaques.


Pour ceux qui ne connaissent pas le groupe King Giddra (キングギドラ), il s'est formé officiellement en 1993, les 3 membres du groupe Zeebra, K-dub Shine et Dj Oasis se connaissant depuis leur jeunesse. C'est un groupe qui a la réputation d'être engagé politiquement et qui n'hésite pas à critiquer la société japonaise et dans le cas présent, le gouvernement américain.

Dans un pays ou la culture américaine est généralement pris en exemple et influe conséquemment sur le mode de vie de la jeunesse nipponne, c'est réellement le message que tentent de délivrer les trois mc's qui fait l’attrait de ce titre.
















Des thèmes divers tels que le rôle des médias américains en matière de désinformation, le parallèle entre l'attaque terroriste et les bombes atomiques, les attaques à l'anthrax, les combats en Iraq et au Pakistan, la politique unilatérale menée par le président Bush sont abordés, peut être de façon trop démagogique mais cela a le mérite d'amener à une réflexion, une prise de conscience que malheureusement trop peu de chansons japonaises amènent.
















On peut souligner que le mot palestinien est dans la chanson censuré, est-ce une manière de dénoncer un "éventuel" lobbying sioniste aux Etats-unis ou simplement une censure imposée par la maison de disque, la question reste entière...


La vidéo (Version Originale)




Pour continuer le tour des bonnes adresses, je vais aujourd'hui vous présenter le restaurant Gyunochikara (牛の力 ) situé à Ueno (ligne JR Yamanote et métro Ginza et Hibiya). Non pas que ce soit celui qui propose la meilleure qualité de viande mais si on compare le rapport qualité/prix, c'est une adresse incontournable.

Les langues de boeuf (牛タン) sont originaires et très populaires dans la ville de Sendai (022, préfecture de Miyagi), même si depuis dejà de très nombreuses années, elles sont détrônées par les viandes australiennes (bien meilleur marché). En tout cas, langue de boeuf japonaise ou pas, les plats offerts chez gyunouchikara sont somptueux.




















Le Gyudon est composé de riz et de gyutan (langue de boeuf), le tout assaisonné de nombreuses sauces et topping que vous pouvez choisir (oeuf/oignon/...).

Les prix oscillent entre 4 et 7 euros, plus cher que les chaînes de restaurants traditionnels tels que Yoshinoya ou Matsuya mais, pour reprendre une expression chère aux joueurs de courses à cheval "Y'a pas photo !"















 
Adresse
Taito-ku Ueno  6-14-7
 
Site Internet


Petit quartier situé dans l'arrondissement Chuo, Tsukishima (月島) est essentiellement connu pour ses restaurants de Monja (もんじゃ). Bien que de nombreuses chaînes de restaurant se soient positionnées un peu partout dans cette spécialité, il est préférable de vous rendre, en cas d'envie soudaine de Monja, dans ce fief qu'est Tsukishima.


















Au risque de prendre le temps de cet article un air doctement pédagogique, le monja (qui est apparu sous l'ère Meiji) est une sorte de pancake avec des légumes, de la viande, des fruits de mer ou des nouilles. Le monja, contient les mêmes ingrédients que l'okomiyaki , mais il se trouve être est plus « moelleux » car il contient plus de soupe. On pourrait l’assimiler à une omelette qui serait plus liquide.

















Appelé communément dans certains quartiers Botta (ぼった) ou (ぼってら), on le cuit à l'aide d'une sorte de grattoir (ヘラ) sur un Teppan (鉄板) qui est une plaque chauffante. Selon les ingrédients choisis, il est préférable de l'assaisonner de sauce Yunion (ユニオンソース) ou de ramekku ラメック.


C'est un plat typique de l'est de Tokyo (下町), il est préférable de vous y rendre à plusieurs même si les tables dans ce genre de restaurant sont de petite taille.

















Plus d'une cinquantaine de restaurants y sont implantés, mais comme d'habitude, je vous conseille de dévier de votre chemin vers les rues parallèles pour y trouver les restaurants les plus chaleureux et surtout fréquentés, non pas par les Tokyoïtes en manque de monja, mais par les locaux, les habitants du quartier.


Vous tomberez certainement sur mon restaurant favori, à savoir Hazama Monja (はざま もんじゃ)




















Adresse

Chuo-ku Tsukishima 3-17-8
Ouvert tous les jours de 12h à 22h