Affichage des articles dont le libellé est Culture. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Culture. Afficher tous les articles

Dans la longue série des musées intéressants de la capitale , le musée maritime de Toyosu (船の料学館) s'avère être l'un des plus aboutis ; grâce à l'homogénéité des activités proposées et à la parfaite alchimie entre l'aspect ludique et historique de ce dernier.

Le musée se compose de trois parties : le site principal abrite un observatoire, une multitude d'espaces retraçant l'histoire de la marine japonaise (des maquettes impressionnantes de bâtiments navals qui ont composé et composent encore la flotte nippone) y sont présentés.
















Le deuxième site, le Seikan (羊蹄丸) est un ancien ferry datant de 1965 qui lors de
son service, assurait la liaison entre Aomori et Hakodate ; il fut complètement remodelé pour l'exposition "mer et bateau" de 1992 de Gênes (Italie)et abrite désormais un cinéma, une salle retraçant l'histoire du bateau ainsi que diverses salles où sont reproduites à l'identique les différentes scènes de vie à bord.













--------------------------------------------------------------------------------------------------------















Le troisième bâtiment, le Soya (宗谷) est un ancien navire utilisé pour des observations dans l'atlantique (première mise à la mer en 1938) puis ensuite muté à la marine nationale japonaise avant guerre. Moins axé sur "l'aspect humain" que le premier navire, il propose une vision plus technique avec une présentation complète des différents compartiments et des machines.














A l'extérieur, plusieurs activités dédiées essentiellement aux enfants sont proposées, comme l'initiation au canoë, à la conduite de bateau à moteurs ou également à la pêche.

Plus qu'un véritable sanctuaire pour tous les amateurs de marine, c'est un moyen pour se constituer une culture "maritime" en une journée. Le site étant assez grand, je vous conseille de vous y rendre dès l’ouverture, afin d’effectuer une visite complète.


Site Internet

http://www.funenokagakukan.or.jp/index_e.html

Aujourd’hui, je tenais à évoquer un lieu plein de souvenirs pour moi : (feu) le café Classic (クラシック).


Autrefois situé à Nakano, à l’entrée de la zone commerciale Broadway, sur la ligne chuo ( le long de laquelle pullulent déjà de nombreux cafés dits « musicaux (名曲喫茶)» surtout à Asagaya et Koenji), ce café a été pendant près de 75 ans le rendez-vous des tokyoïtes amoureux de musique classique. Il a malheureusement fermé ses portes le 31 janvier 2005 après le décès de son propriétaire, le charismatique M.Misaku (美作さん).
















Dans une ville en  constante effervescence, où les bâtiments poussent  comme des champignons, où la concurrence force beaucoup d’enseignes à fermer rapidement sitôt inaugurées, le  Café Classic ラシック faisait  partie  des quelques  trop  rares échoppes datant d’avant guerre. L’ambiance intérieure du lieu, savant mélange baroque composé par accumulation d’antiquités et de dessins, ainsi que sa façade d’époque donnaient l’impression que le temps n’avait pas eu de prise sur lui.
















A mi-chemin entre musée et magasin, c’était à chaque fois pour moi une plongée dans le passé lorsque j’y allais, la poussière et la vétusté des objets renforçaient ce sentiment.


Ce cachet suranné, entretenu par une sélection musicale de premier ordre (eh oui, surprise, basses et sirènes lancinantes ne sont pas mes seuls critères musicaux personnels), faisait de ce café un lieu inimitable et chaleureux. D’ailleurs, peu de temps après la fermeture, une vente privée fut organisée à Ginza pour disperser la collection de vynils de M.Misaku ainsi que de nombreux croquis de cet ancien dessi-nateur professionnel.

Un dvd retraçant l’histoire de ce lieu-culte est en vente au café violon d’Asagaya (ヴィオロン)


Adresse du café violon
Tokyo To
Suginami ku asagaya kita 2-9-5
Ouvert de 12h à 22h



« Tatami » est un des mots qui ressort le plus quand on évoque la culture japonaise, gravé dans l’inconscient collectif, il représente le Japon pour une majorité d’entre nous, japonisants ou non.

Le tatami, fabriqué à partir de couches de paille de riz, est utilisé comme revêtement de sol depuis la période Heian (平安時代), soit le VIIIème siècle. Il s’est avéré être un outil parfait pour la standardisation des surfaces dans l’habitat et fut pendant de très longs siècles utilisés dans les maisons individuelles japonaises et le temples. Depuis quelques années, il est délaissé au profit de revêtements de type occidentaux, plutôt lisses tels que la pierre et surtout le parquet.

Lors d’un barbecue à Odawara, j’ai eu la chance de rencontrer M.Uchida, plus communément surnommé Daddy U, propriétaire de l’usine de tatami Uchida (内田畳店) située dans une des parties les plus reculéee de la préfecture de Kanagawa dans la municipalité d’Ashigara (南足柄市) à Tsukahara (塚原).















Après avoir tissé des liens solides avec lui, j’ai eu l’opportunité de faire une visité guidée de l’établissement, histoire de parfaire ma culture sur la fabrication de ces véritables objets d’art.

Comme l’enseigne peut le laisser imaginer, l’usine Uchida existe depuis déjà de nombreuses années. Fondée en 1810, quatre générations se sont succédées à sa tête. Daddy U, de son vrai prénom Takahiro, entame quant à lui sa quatorzième année dans le métier.


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Profitant de son expérience et de sa gentillesse, il m’a décrit une par une les différentes phases de la fabrication des tatamis.

La première phase appelée OmoteHari (表張り) ou phase de tension : la paille tricotée qui est la surface du tapis est positionnée sur son support.


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Ensuite la phase du WakuMaki (框まき) permet de solidariser cette partie supérieure du tatami (畳表), sur celle qui constitue le support (土台) en en rabattant les bords et en les cousant.















Ensuite, la phase Hirasashi (平刺し) voit l’aiguille former des séries de lignes parallèles de couture sur l’ensemble de la surface.















Enfin la dernière phase, appelée Kaeshimei (返し縫い) permet de faire la finition du bord inférieur sous le tatami.















Au bout de ces quatre phases qui nécessitent une demie heure, le tatami est prêt à l’emploi !















Comme évoqué supra, la fabrication de tatamis pour l’habitat étant en forte régression, l’entreprise Uchida a concentré son activité sur deux pôles : les tatamis pour temples et sanctuaires ainsi que les tatamis de tailles et de formes diverses à usage décoratif. Autrefois traditionnel, le Tatami se veut de nos jours un ornement relativement onéreux, signe de distinction…















Le Yae tatami (八重畳) vendu environ 1200 euros

Support à Encens de style néo-japonais


Enfin, je ne pouvais pas clore cet article sans remercier mon Hôte : Daddy U qui m’a outre cette visite, accueilli de nombreuses fois chez lui, présenté à ses parents, son épouse, ses enfants et qui je dois le dire (avec un brin de nostalgie) est une sorte de grand frère. Merci pour tout l’ami en tout cas !



Au contraire de la France où chaque matin, se rendre au travail pédibus est un véritable challenge pour garder ses semelles intactes et son déjeuner du fait des déjections urinaires et fécales, les Japonais, pour garder leurs rues  propres ont mis en place tout un attirail de pièges à animaux domestiques.














Dans ce registre, à Tokyo, il n’est pas rare de voir dans les rues ainsi que près des temples, alignées le long des murs et façades de bâtiments, de nombreuses bouteilles remplies d’eau en plastique. On n’appelle cela le Neko Yoke Saku (猫よ け策) que l’on peut traduire par plan anti-animaux domestiques.


C’est un procédé récent, apparu au milieu des années 1990 au Japon et qui est originaire de Nouvelle-Zélande. Il a très vite remplacé les pièges traditionnels (voir photo ci-dessous), essentiellement pour des raisons de coût.


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Même si, visuellement, ce n’est pas rendre service à une ville qui  intrinsèquement, est dépourvue d’âme, cela s’avère être une alternative  judicieuse pour  garder propres les abords de sa maison.

Le Masu, gobelet cubique en bois (le plus souvent fait en hinoki ou en sugi) est de nos jours un récipient utilisé pour servir le Nihonshu (Sake japonais). Or, son histoire est ancienne, retour sur cette dernière :


Le masu a jusqu’à aujourd’hui toujours été utilisé comme instrument de mesure. Il s’apparente sous une forme plus petite, au boisseau médiéval, récipient de forme cylindrique destiné à mesurer les matières sèches (grains et farines), utilisé en Europe jusqu’au XV siècle.











Son origine remonte au moyen age, les seigneurs féodaux l’utilisaient comme récipient pour calculer les contributions foncières. A cette époque, il en existait deux types, le Hensyômasu (返抄枡) et le Gegyômasu (下行枡). Le premier était utilisé pour percevoir les impôts, le deuxième, plus petit que le premier, était utilisé pour d’autres taxes.


On raconte que les seigneurs de Kôyasan (région montagneuse située dans la préfecture de Wakayama) trichaient en utilisant deux sortes de masu, dont l’un était surcalibré afin de contenir plus de riz, et donc d’augmenter d’autant la taxe.
















C’est Oda Nobunaga (gouverneur féodal du XVI siècle) qui a instauré la taille du masu officiel, le Jûgômasu (十合枡) qui était valide à Kyôto à cette époque. Par la suite, le gouvernement d'Edo a institué, en 1669, un masu officiel : le Shin-kyômasu .














Malgré tout et bien qu’il soit considéré comme un crime grave de fabriquer et de vendre des faux masu notamment pendant la période Edo, la fraude persista ça et là. Les Han (藩), unités administratives correspondant aux territoires des fiefs des gouverneurs féodaux, possédaient leur propre masu, le Hanmasu (藩枡) . Les Han, propriétaire du droit exécutif ont ainsi pendant de nombreuses décennies abusé de leur pouvoir dans le but de s’enrichir.


De nos jours, on peut voir le masu dans des festivals (祭り), lors de célébrations ou d’événements spéciaux ou dans certains restaurants huppés.


A l’instar des métiers itinérants présents en Europe tels que le porteur d’eau, le vitrier, le marchand de blocs de glace, le marchand de charbon qui ont au fil des siècles peu à peu disparu, la vente ambulante au Japon est encore présente, notamment celle du Tofu (豆腐).

Importé de Chine à l’époque Nara (奈良時代) le Tofu était autrefois remis aux croyants lors de leur passage au temple. Sa consommation s’est vulgarisée pendant la période Muromachi (室町時代). A cette époque, c’est à Kyoto que le Tofu était principalement vendu, étant le plus souvent fabriqué à Nara. Les transports étaient effectués à dos d’homme à l’aide d’un balancier.



















De nos jours, il n’existe pas réellement de mot pour caractériser la vente ambulante mais les japonais utilisent volontiers l’expression 引き売 (vente bradée) ou encore 路上売り(vente de rue)















Le conditionnement actuel ressemble sensiblement à celle de la période Edo (江戸時代) où déjà le tofu froid et le tofu grillé étaient séparés dans deux compartiments distincts.















L’attirail du vendeur se comose d’une charrette (リヤカー), de deux voire trois glacières (クーラーボックス) et d’une petite trompette (ラッパ) servant à attirer l’attention de la clientèle. Cet instrument est d’ailleurs le signe distinctif de la profession.




















Les vendeurs ont généralement entre 18 et 32 ans et sont en majorité des hommes (la traction de la charrette plutôt lourde ainsi que les nombreux kilomètres de marche demandent un effort physique certain). Ils ne sont pas des vendeurs à la sauvette, car rattachés à des magasins de Tofu ou à des entreprises d’intérim. Ils sont généralement employés à mi-temps (バイト), de quoi arrondir les fins de mois.















La plupart du temps, ces vendeurs ambulants se rencontrent dans la banlieue de Tokyo, notamment à l’est de la ville dans les arrondissements d’Edogawa (江戸川区), Katsushika (葛飾区) ou Adachi (足立区), là où la population est constituée en majorité de personnes âgées, près de résidences HLM (団地), aux abords des stations de métro et des écoles, ou encore dans des quartiers tels que Tsukiji (築地), où sont concentrés les principaux fournisseurs de Tofu de la ville. C’est là que se trouve d’ailleurs l’une des plus célèbres enseignes de Tofu Tokyoïte : Noguchiya (野口屋).

Mon intérêt pour la géographie locale ainsi que,je dois bien l’avouer, la recherche d’un appartement à loyer modéré m’ont amené dans le quartier de Shibaura (芝浦) situé dans l’arrondissement de Minato (港区) non loin de la station de Shinagawa (品川).

En général, le prix des loyers est déterminé en fonction du positionnement du quartier par rapport au centre ville, de l’accès plus ou moins proche des stations de métro, des commodités offertes (commerces), mais aussi de sa réputation voire de sa renommée. En me rendant dans quelques unes des agences immobilières qui pullulent dans la capitale, j’ai été surpris de la relative «modération » des prix des loyers de ce quartier. En faisant quelques recherches et en discutant avec quelques amis qui travaillent dans l’immobilier, il est apparu que la raison principale est la présence de l’abattoir de Tokyo (食肉市場).















Construit à l’époque Edo, en 1867, le site n’a cessé de s’étendre, même s’ il ne reste aujourd’hui que des bureaux et le centre de redistribution ; l’image du quartier tout entier continue d’être desservie par la présence de ces entrepôts.

L’origine de ce malaise provient du fait, que depuis des siècles, l’industrie de la viande et tous les métiers ayant trait à la tuerie d’animaux sont ostracisés. Ce qui remonte directement au système des castes de l’époque pré-Meiji, et à la ségrégation des Burakumin (部落民), groupe social minoritaire japonais discriminé socialement et économiquement et, qui gérait ces industries (se référer à l’article http://amepon.blogspot.com/2010/02/blog-post.html#links).




















Malgré la suppression des castes à la fin du 19ème siècle, l’abattoir ayant été repris par des descendants de Burakumin, la discrimination n’a donc jamais cessé et perdure encore aujourd’hui dans l’inconscient collectif japonais qui demeure chargé avec des craintes irraisonnées comme la Submersion de leur île, les fantômes, la peur des catastrophes.

La télé japonaise se compose en très grande majorité d'émissions de variétés ; la plupart de celles-ci reposent sur un concept simple « faire rire à tout prix » et dans ce cas là finesse et délicatesse ne sont pas légion. Dans ces grilles de programmes dont le contenu est proche du néant, une émission à très rapidement attiré mon attention de part son caractère plus «évolué»: Soramimi Hour (空耳アワー) diffusée sur la chaîne 10 (Terebi Asahi).

C'est en 1992 que cette émission (à l'époque appelée あなたにも音楽を) et présentée par Hiromi Machiyama (町山広美) voit le jour, après de multiples ajustements. En 1996, l'émission est reprise en main par le (déjà) présentateur-vedette Tamori (タモリ) accompagné de son acolyte Hajime Ansai (安斎肇).















Le concept est simpliste : les auditeurs envoient par courriel des fragments de chansons puisées dans le répertoire international, dans lesquels le texte original peut s’interpréter phonétiquement comme ayant une signification en japonais. Les morceaux retenus sont présentés sous forme de vidéo.

Les gagnants de l'émission se voient attribuer un cadeau selon l’originalité de leur trouvaille, qui est soit un bandana, soit un tee-shirt ou encore mieux un blouson à l'effigie du logo de l'émission. Après 15 ans d’émission, ledit blouson n’a encore jamais été décerné.
















Le terme soramimiste (ソラミミスト) désigne les chercheurs de ces chansons.

L’émission jouit d'un succès sans commune mesure dans le PAF japonais, sa longévité en apportant la preuve. De nombreux invités viennent chaque semaine y participer. Le premier segment de l'émission (qui dure à peine une demi-heure) est réservé à des reportages sur des lieux atypiques ou à des présentations de métiers ou d'inventions plus loufoques les unes que les autres.

Une fois tous les deux ans, un émission spéciale de remise de prix (空耳アワード) a lieu.


Les grandes marques de maroquinerie françaises s'exportent très bien à l'étranger et le Japon constitue un des marchés les plus rentable pour celles-ci ; Vuitton, pour ne citer qu’elle, réalise plus d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires sur le territoire nippon.

Depuis quelques années, des études très sérieuses menées sur le sujet confirment que de plus en plus de japonaises utilisent non plus les sacs eux-mêmes mais les sacs cartonnés de ces marques.













Les données ci-dessus indiquent clairement que lors de l'achat des sacs, les japonais attachent une importance certaine au choix du sac d’emballage qui va non seulement être utilisé pour ramener le sac à main à la maison mais va être maintes et maintes fois utilisé dans la vie de tous les jours pour afficher un standing ou par commodité.

D'après les utilisateurs de ces sacs, les raisons sont multiples, cela permet de séparer les biens utiles (téléphone portable, portefeuille, cosmétiques) des biens "secondaires" tels que les livres, le bento (boîte contenant un petit repas) ou encore les cahiers de texte pour les étudiantes.

















L’utilisation dérivée et parallèle de ces sacs traduit surtout un désir de paraître, de faire illusion, de suggérer que l'on a de l’argent, que l'on a acheté un produit onéreux.

Des études montrent que de nombreuses personnes n’ont jamais acheté réellement de sacs de luxe mais uniquement ces sacs en papier pour le faire croire.

Culte de l'apparence, quand tu nous tiens....


L'été arrivant, les nombreuses festivités sont organisées sur les plages d'Enoshima (江ノ島) et de Kamakura (鎌倉), elles ont été pendant des années des rendez-vous incontournables, l'occasion (et surtout un petit plaisir) pour moi de prendre la célèbre et populaire ligne Enoden (江ノ電) .

Ouverte en 1902, cette ligne est très certainement a une spécificité: la ligne devient tantôt ligne de train, tantôt ligne de tramway et passe à petite vitesse dans les villes, créant une atmosphère de train de tourisme surrannée, particulièrement sympathique dans ce cadre où nature et monuments religieux s'entremêlent.

En effet, la ligne relie les villes de Fujisawa (藤沢) et de Kamakura, en longeant la baie de Sagami sur plus de la moitié du parcours. Elle dessert des lieux très touristiques tels que le Grand Bouddha de Kamakura (高徳院) et le temple de Hase-dera (長谷寺), ou encore l’île d’Enoshima (sanctuaire du XIIIe siècle). Cette ligne a donc une vocation principalement touristique, sans oublier le trafic local dans un réseau routier japonais passablement engorgé.

En outre, la ligne ne possède (sauf pour les stations de départ et d'arrivée) qu'une voie et la relative petite taille des wagons donne une impression de proximité avec aussi bien les autres voyageurs que le conducteur du train (même si la ligne ne fait que 10 kilomètres).

Vous l'aurez compris, même s'il est plus rapide de se rendre directement à Kamakura via les lignes Yokosuka (横須賀線) et Shounan Shinjuku (湘南新宿ライナー), je vous conseille fortement de vous arrêter à la station de Fujisawa et prendre cette ligne qui vous fera très certainement passer un agréable moment.


Lorsque j'étais employé comme gérant de restaurant à Daikanyama, la dernière semaine de décembre prenait l’allure d’un véritable champ de bataille dans les cuisines, les commandes de Sechi atteignant leur sommet.

Le sechi (お節) indique un type de cuisine pour des occasions spéciales. Il est principalement cuisiné le soir du 31 décembre pour célébrer la nouvelle année. C’est la raison pour laquelle ce type de cuisine est également appelé cuisine du nouvel an (正月料理).




















Son origine est chinoise; le sechi était principalement cuisiné pour le changement des saisons ainsi que pour des célébrations tels que les festivals et les jours de remises de diplômes.

De nos jours, au Japon, le sechi est traditionnellement cuisiné à la main même si depuis quelques dizaines d'années, beaucoup de japonais décident de l'acheter dans des grands magasins ou de le commander à des restaurants traditionnels ou encore de se le faire livrer via Internet.

Les plats sont en majorité consommés froids car suivant une ancienne tradition (remontant à l’ère Heian), il est préférable d’éviter l’utilisation du feu dans les cuisines pour ne pas subir l'ire du dieu du feu (荒神).




















Le Sechi (même si sa composition diffère selon les régions) se compose d'une sélection de trois variétés d'entrées (肴三種). Dans la région de Tokyo, ces dernières sont généralement les Tatzukuri (田作り), sardines ou anchois sucrés et salés, les Kazunoko (数の子), des oeufs de hareng salés et les kuromame (黒豆), des graines de soja noires.















Les hors d’œuvre (口取り) sont de gâteaux de riz cuits (雑煮), des kouhaku kamaboko (紅白か まぼこ), des pâtes de poisson, des Datemaki (伊達巻), des omelettes faites avec des crevettes écrasées et assaisonnées de sucre, sel et shoyu, des kurikinton (栗金団), purée de patates douces aux marrons, des kobumaki (昆布巻き), du konbu roulé et de légumes secs cuits à l’eau et séchés marinés dans une sauce soja (お屠蘇).















Les plats étant généralement cuisinés quelques jours avant le 31, ceux qui sont à base de vinaigre (qui permet une conservation plus facile des aliments) sont très présents, on y trouve les namasu (鱠), poissons crus mélangés à des légumes, les Kabu (蕪) qui sont des navets de saison ainsi que les subasu (酢蓮), racine de lotus.















Les plats cuits (mais servis froid) sont essentiellement des poissons, on y trouve de la dorade, des crevettes, du homard ainsi que des anguilles.















Enfin, les sagittaires fléchées, les racines de lotus, les bardanes, les colocases et les ignames constituent les plats bouillis.

Le tout se déguste avec du Toso (屠蘇), alcool de riz mélangé à des épices

L'ensemble est compacté dans une boîte à plusieurs compartiments (箱) et à étages (段), la disposition des plats dans les étages est sujette à un ordre prédéterminé. Le sechi est empiléedans des boîtes à trois ou cinq étages.