« Tatami » est un des mots qui ressort le plus quand on évoque la culture japonaise, gravé dans l’inconscient collectif, il représente le Japon pour une majorité d’entre nous, japonisants ou non.

Le tatami, fabriqué à partir de couches de paille de riz, est utilisé comme revêtement de sol depuis la période Heian (平安時代), soit le VIIIème siècle. Il s’est avéré être un outil parfait pour la standardisation des surfaces dans l’habitat et fut pendant de très longs siècles utilisés dans les maisons individuelles japonaises et le temples. Depuis quelques années, il est délaissé au profit de revêtements de type occidentaux, plutôt lisses tels que la pierre et surtout le parquet.

Lors d’un barbecue à Odawara, j’ai eu la chance de rencontrer M.Uchida, plus communément surnommé Daddy U, propriétaire de l’usine de tatami Uchida (内田畳店) située dans une des parties les plus reculéee de la préfecture de Kanagawa dans la municipalité d’Ashigara (南足柄市) à Tsukahara (塚原).















Après avoir tissé des liens solides avec lui, j’ai eu l’opportunité de faire une visité guidée de l’établissement, histoire de parfaire ma culture sur la fabrication de ces véritables objets d’art.

Comme l’enseigne peut le laisser imaginer, l’usine Uchida existe depuis déjà de nombreuses années. Fondée en 1810, quatre générations se sont succédées à sa tête. Daddy U, de son vrai prénom Takahiro, entame quant à lui sa quatorzième année dans le métier.


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Profitant de son expérience et de sa gentillesse, il m’a décrit une par une les différentes phases de la fabrication des tatamis.

La première phase appelée OmoteHari (表張り) ou phase de tension : la paille tricotée qui est la surface du tapis est positionnée sur son support.


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Ensuite la phase du WakuMaki (框まき) permet de solidariser cette partie supérieure du tatami (畳表), sur celle qui constitue le support (土台) en en rabattant les bords et en les cousant.















Ensuite, la phase Hirasashi (平刺し) voit l’aiguille former des séries de lignes parallèles de couture sur l’ensemble de la surface.















Enfin la dernière phase, appelée Kaeshimei (返し縫い) permet de faire la finition du bord inférieur sous le tatami.















Au bout de ces quatre phases qui nécessitent une demie heure, le tatami est prêt à l’emploi !















Comme évoqué supra, la fabrication de tatamis pour l’habitat étant en forte régression, l’entreprise Uchida a concentré son activité sur deux pôles : les tatamis pour temples et sanctuaires ainsi que les tatamis de tailles et de formes diverses à usage décoratif. Autrefois traditionnel, le Tatami se veut de nos jours un ornement relativement onéreux, signe de distinction…















Le Yae tatami (八重畳) vendu environ 1200 euros

Support à Encens de style néo-japonais


Enfin, je ne pouvais pas clore cet article sans remercier mon Hôte : Daddy U qui m’a outre cette visite, accueilli de nombreuses fois chez lui, présenté à ses parents, son épouse, ses enfants et qui je dois le dire (avec un brin de nostalgie) est une sorte de grand frère. Merci pour tout l’ami en tout cas !


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