Pour ceux qui ont peu gravité autour de moi à Tokyo, le manager du restaurant Toranoko (虎の子) de Shinjuku (dont j'ai écumé les moindres recoins) , Miya (宮さん)  après une année passée à Okinawa travaille désormais dans un restaurant où je suis allé plusieurs fois situé à Kichijoji (Ligne JR chuo et Keio Inokashira): Kemuriya (けむり屋) .

Le charme de cet endroit réside principalement dans l'achalandage du restaurant. Ce dernier ressemble à un vieux magasin de jouets japonais du début du siècle et le nombre important de moulages de poissons éparpillés aux quatre coins de la salle lui donne une atmosphère singulière. Les matériaux en bois utilisés (porte, table, devanture) donnent l'impression de rentrer dans un refuge de haute montagne.

Au niveau culinaire, on ne change pas une formule qui marche, une grande variétés de poissons crus (刺身) mais aussi de poissons séchés (干物) sont à la carte, pas mal de viandes ainsi qu'une grande sélection de salades et légumes; bref, le parfait endroit pour passer un petite soirée festive mais saine à prix raisonnable.


Adresse
Musashinoshi Kichijouji 2-8-1 Sun Palace Bâtiment Minamichou
Rez de chaussée

Lorsque j'étais employé comme gérant de restaurant à Daikanyama, la dernière semaine de décembre prenait l’allure d’un véritable champ de bataille dans les cuisines, les commandes de Sechi atteignant leur sommet.

Le sechi (お節) indique un type de cuisine pour des occasions spéciales. Il est principalement cuisiné le soir du 31 décembre pour célébrer la nouvelle année. C’est la raison pour laquelle ce type de cuisine est également appelé cuisine du nouvel an (正月料理).




















Son origine est chinoise; le sechi était principalement cuisiné pour le changement des saisons ainsi que pour des célébrations tels que les festivals et les jours de remises de diplômes.

De nos jours, au Japon, le sechi est traditionnellement cuisiné à la main même si depuis quelques dizaines d'années, beaucoup de japonais décident de l'acheter dans des grands magasins ou de le commander à des restaurants traditionnels ou encore de se le faire livrer via Internet.

Les plats sont en majorité consommés froids car suivant une ancienne tradition (remontant à l’ère Heian), il est préférable d’éviter l’utilisation du feu dans les cuisines pour ne pas subir l'ire du dieu du feu (荒神).




















Le Sechi (même si sa composition diffère selon les régions) se compose d'une sélection de trois variétés d'entrées (肴三種). Dans la région de Tokyo, ces dernières sont généralement les Tatzukuri (田作り), sardines ou anchois sucrés et salés, les Kazunoko (数の子), des oeufs de hareng salés et les kuromame (黒豆), des graines de soja noires.















Les hors d’œuvre (口取り) sont de gâteaux de riz cuits (雑煮), des kouhaku kamaboko (紅白か まぼこ), des pâtes de poisson, des Datemaki (伊達巻), des omelettes faites avec des crevettes écrasées et assaisonnées de sucre, sel et shoyu, des kurikinton (栗金団), purée de patates douces aux marrons, des kobumaki (昆布巻き), du konbu roulé et de légumes secs cuits à l’eau et séchés marinés dans une sauce soja (お屠蘇).















Les plats étant généralement cuisinés quelques jours avant le 31, ceux qui sont à base de vinaigre (qui permet une conservation plus facile des aliments) sont très présents, on y trouve les namasu (鱠), poissons crus mélangés à des légumes, les Kabu (蕪) qui sont des navets de saison ainsi que les subasu (酢蓮), racine de lotus.















Les plats cuits (mais servis froid) sont essentiellement des poissons, on y trouve de la dorade, des crevettes, du homard ainsi que des anguilles.















Enfin, les sagittaires fléchées, les racines de lotus, les bardanes, les colocases et les ignames constituent les plats bouillis.

Le tout se déguste avec du Toso (屠蘇), alcool de riz mélangé à des épices

L'ensemble est compacté dans une boîte à plusieurs compartiments (箱) et à étages (段), la disposition des plats dans les étages est sujette à un ordre prédéterminé. Le sechi est empiléedans des boîtes à trois ou cinq étages.


Parmi les traditionnelles sorties du mois de mars ( ou plus tard , cela depend du climat  et de la latitude) les japonais, amateurs  de sorties en plein air (外遊び) aiment se regrouper dans les parcs et jardins pour admirer la floraison des fleurs de cerisiers, qui marque le début du printemps,  c'est le Hanami (花見).

L'origine du Hanami date de la période Nara (8ème siècle), période durant laquelle les premiers pruniers importés de Chine furent plantés. Peu après, ils furent remplacés par des cerisiers. D'abord spectacle résérvé aux aristocrates et aux soldats pendant l'ère Muromachi,  il se démocratisa au fil des siècles, et est désormais accessible à tous.




















Un proverbe japonais "花より団子" (Hana yori Dango) signifiant que l'intérêt pratique est supérieur à l'esthétique résume très bien le glissement du sens de cette célébration, traduisant que le Hanami est devenu une fête ou l'on peut se socialiser et boire, plus qu'un spectacle où l'on admire la beauté éphémère de ces arbres en fleurs.














Les parcs les plus visités lors de cette période sont ceux de Yoyogi (代々木公園) et Ueno (上野恩賜公園) . Mes préférences vont toutefois aux arbres plantés près de la rivière Meguro (目黒川) et dans le parc Shouwa Kinen (昭和記念公園) près de Tachikawa.




















A Paris, la communauté des japonisants se regroupe généralement dans les Hauts de Seine (92) ,dans l'immense parc de Sceaux où deux bosquets sont plantés d' environ 150 cerisiers venant du Japon et introduits en France à la fin du 19° siècle.

http://parc.de.sceaux.free.fr/

J'ai travaillé près de Daikanyama pendant quelques temps,et mon ancien collègue (Suzuki) m'avait amené, dans la pespective de trouver des bôites de thé anciennes,au marché de Setagaya.

Le boroichi (ボロ市) est un des marché aux puces (蚤の市) les plus anciens de la capitale (instauré en 1578). A son apogée, les rues abritèrent plus de 20000 exposants.

Son nom vient du fait qu'il était spécialisé dans la vente de vieux vetements; de nos jours, on peut y trouver aussi bien des antiquités, des jouets, des fleurs que de vieux livres.

Il a lieu tous les ans, près de l'ancienne residence du gouverneur de Setagaya, la Daikan Yashiki (代官屋敷) les 15 et 16 janvier ainsi que les 15 et 16 dècembre de 9h à 21h.

Pour s'y rendre , il faut prendre la ligne Setagaya (世田谷線) à Sangenchaya (三軒茶屋) via la ligne Denentoshi (田園都市線) à partir de Shibuya et s'arrêter à la station de Kamimachi (上町駅) ou prendre le bus 21 de Shibuya en direction de Oohashi (大橋 ).

Site Internet
http://www.setagaya-line.com/trip/boroichi/

Situé à Kaminoge (上野毛) sur la ligne Oemachi (大井町線), à quelques encablures de la station de Futago Tamagawa (二子多摩川), le musée Gotoh (五島美術館)  été fondé par Gotoh Keita (1882-1959). Pour ceux qui ne connaissent pas ce monsieur, on dira pour résumer qu'il est le fondateur de l'empire Tokyu (東京急行電鉄株式会社) qui contrôle de nombreuses lignes de train notamment les lignes Toyoko et Denentoshi, mais aussi des grands magasins comme Tokyu et Tokyo hands.
















Le musée rassemble une collection privée d'œuvres d'artistes pré-modernes japonais, chinois, coréens depuis 1960. Il offre des expositions au printemps et en automne. La collection permanente est exposée par rotation pendant le reste de l'année. Le musée comprend également des salles pour la cérémonie du thé et un jardin.





















Le Musée Gotoh possède également une vingtaine de manuscrits provenant de Dunhuang et d'autres sites de la Route de la Soie.




















Adresse
3-9-25 Kaminoge 3-Chome
Setagaya-ku
Tokyo 158-8510

Le musée est fermé le lundi, les jours fériés et les lendemains de jours fériés. L'accrochage est renouvelé à chaque début d'année.

Horaires : de 10 h à 17 h (fermeture des guichets à 16 h 30)
Le musée est ouvert au public de 9 h 30 à 16 h 30. Les manuscrits ne sont pas exposés. Pour les voir, il faut demander une autorisation par écrit.

Site Internet
http://www.gotoh-museum.or.jp/


En allant à Asakusa (浅草), j'ai eu l'opportunité de me rendre au Engei Hall (園芸ホール), véritable institution dans le monde très fermé du Rakugo.

Le Rakugo (落語)est une forme d'art narratif traditionnel, Il s’agit d’un monologue à consonance comique dans lequel le « rakugoka » (落語家) assis en « seiza » (静坐) sur un coussin sur une scène (高座) raconte une histoire à l’auditoire. Pour faire simple, cest la forme ancestrale du One man show.
















Au cours de son récit, le "conteur" peut jouer le rôle d’un enfant, d’une femme, d’un vieillard et même d’un samurai. Il passe d’un personnage à un autre en modifiant sa voix généralement, ou d’un simple geste, ou encore en tournant la tête vers la gauche ou la droite.

Il possède également un éventail et une serviette en tissu qu’il manipule pour évoquer certains objets (un verre, des baguettes ou un sabre).












Son  récit se décompose généralement en trois parties :

* les remarques préliminaires du rakugoka qui vont mettre le public dans l’ambiance
souhaitée.

* L’histoire proprement dite

* La chute finale : plaisanteries, gestes,

Pour profiter au maximum du spectacle, il faut un niveau très élevé en japonais, la majorité des rakugoka parlant en language Edoko (江戸っ子語), certaines expressions sont ,si on est pas originaire de l'est Tokyoïte ,impossibles à comprendre, la prononciation de certains mots (comme les syllabes ha hi hu he ho se transforment en sha shi shu she sho) peut changer également.













Le spectacle dure entre 1 et 2 heures au cours desquelles  plusieurs conteurs se succèdent, le tout pour environ 25 euros.

Il existe  cinq théâtres spécialisés dans le rakugo, appelés également Yose (寄席) à Tokyo, ma préférence va à  ceux de Asakusa (http://www.asakusaengei.com)/ et au Suehirotei de Shinjuku (http://www.suehirotei.com/).


Pour les amateurs de promenade et de shopping à bas prix, je tiens à présenter un quartier situé dans l'arrondissement de Shinagawa (品川) entre les stations de Naka Meguro (中目黒) et Gotanda (五反田) : Musashi Koyama (武蔵小山) .

Même s'il est plus rapide d'y aller en train via la ligne Meguro (目黒線) , je préconise de prendre le temps d'y aller à pied à partir de Naka Meguro en longeant la rivière Meguro Gawa (目黒川) surtout en cette saison de floraison des cerisiers ornementaux.
















L'unique intérêt de ce quartier réside dans la rue commerçante "palm" (武蔵小山商店街パルム), la plus longue du pays (environ 800 mètres). C'est également l'une des plus anciennes, construite après-guerre, en 1947

Couronnée "meilleure rue commerçante du pays" en 2005 par la prestigieuse agence des petites et moyenne entreprises, le Chuushou kigyou chou (中小企業庁) lors de la parution de l'ouvrage gambaru shoutengai 77sen (がんばる商店街77選) qui récompense chaque année les meilleurs artisans commerçants japonais, la rue propose plusieurs centaines de magasins.














Dans cet amoncellement de magasins, difficile de ne pas se perdre. J'ai donc comme d'habitude, concocté une petite liste des échoppes et magasins à ne pas rater.

Mexico (メキシコ靴店)











Jirai ya (じらい屋)




















Sakauchi Kobashi (坂内小法師)













Waraukado (ワラウカド)




















Toriyuu (鳥勇)




















Stellastars cafe











Ousama to strawberry 王様とストロベリー











Site Internet
http://www.musashikoyama-palm.com/