L'urbanisme  tokyoïte peut se résumer à un ensemble de maisons individuelles (généralement construites sur 2 étages) et de complexes d’appartements (マンション); c'est pourquoi la première fois que j'ai vu des appartements HLM (Danchi), surprise ou plutôt curiosité m'ont envahi.

Danchi (団地) ( littéralement “terrain groupé”) désigne un groupe d’appartements, généralement des logements municipaux, construits par les autorités publiques. La majorité du parc HLM est la propriété de conglomérats.














Généralement situés en périphérie de Tokyo, près des voies rapides et des voies de chemins de fer, ces gigantesques infrastructures peuvent accueillir jusqu'à 8000 familles.

Les premiers HLM sont apparus en 1950 à Tokyo, pour faire face à la reconstruction de la ville et pour accueillir les familles d'ouvriers et de fonctionnaires, qui ,du fait de leurs modestes  revenus ou de leurs besoins d'habiter près de la ville, trouvaient pleine satisfaction dans ce type d'habitation.














De nos jours, la majorité des habitants sont des personnes âgées, devenues propriétaires; c'est certainement la raison pour laquelle on trouve dans les cours de ces complexes, tous les magasins de première nécessité (supermarché, coiffeur, électricien...).

La vétusté des bâtiments pose depuis quelques années de gros problèmes de maintenance (notamment pour les ascenseurs et les peintures utilisés à l'époque) et des réformes concernant l'évolution prochaine du parc HLM tokyoïte sont en pourparlers.














En outre, les habitants de ces immeubles jouissent d'un statut tantôt négatif, voire péjoratif (les mots 団地族 et 団地妻sont là pour nous le rappeler), tantôt envié (ce type d'habitations même  peu prisé par les élites japonaises, l'atmosphère banlieusarde, la proximité entre les habitants font "rêver" de nombreuses personnes), sont apparus depuis quelques années de nombreux sites (à l'image des sites sur les chemins de fer/鉄道マニア), entièrement dédiés au Danchi.

En voici d'ailleurs, un, très bien documenté

http://codan.boy.jp/danchi/tokyo23/index.html














Les plus grands complexes HLM à Tokyo sont les suivants :

松原団地 (Matsubaradanchi)
Station Matsubaradanchi, ligne Tobu-Isesaki
豊島五丁目団地 (Toshima Gochome Danchi)
Station Oji-kamiya, ligne Nanboku 


高島平団地 (Takashimadaira Danchi)
Station Takashimadaira, ligne Toei Mita


南砂三丁目団地 (Minami-suna Sanchome Danchi)
Station Mizue, ligne Toei Shinjuku

L'été arrivant, les nombreuses festivités sont organisées sur les plages d'Enoshima (江ノ島) et de Kamakura (鎌倉), elles ont été pendant des années des rendez-vous incontournables, l'occasion (et surtout un petit plaisir) pour moi de prendre la célèbre et populaire ligne Enoden (江ノ電) .

Ouverte en 1902, cette ligne est très certainement a une spécificité: la ligne devient tantôt ligne de train, tantôt ligne de tramway et passe à petite vitesse dans les villes, créant une atmosphère de train de tourisme surrannée, particulièrement sympathique dans ce cadre où nature et monuments religieux s'entremêlent.

En effet, la ligne relie les villes de Fujisawa (藤沢) et de Kamakura, en longeant la baie de Sagami sur plus de la moitié du parcours. Elle dessert des lieux très touristiques tels que le Grand Bouddha de Kamakura (高徳院) et le temple de Hase-dera (長谷寺), ou encore l’île d’Enoshima (sanctuaire du XIIIe siècle). Cette ligne a donc une vocation principalement touristique, sans oublier le trafic local dans un réseau routier japonais passablement engorgé.

En outre, la ligne ne possède (sauf pour les stations de départ et d'arrivée) qu'une voie et la relative petite taille des wagons donne une impression de proximité avec aussi bien les autres voyageurs que le conducteur du train (même si la ligne ne fait que 10 kilomètres).

Vous l'aurez compris, même s'il est plus rapide de se rendre directement à Kamakura via les lignes Yokosuka (横須賀線) et Shounan Shinjuku (湘南新宿ライナー), je vous conseille fortement de vous arrêter à la station de Fujisawa et prendre cette ligne qui vous fera très certainement passer un agréable moment.


Pour ceux qui ont peu gravité autour de moi à Tokyo, le manager du restaurant Toranoko (虎の子) de Shinjuku (dont j'ai écumé les moindres recoins) , Miya (宮さん)  après une année passée à Okinawa travaille désormais dans un restaurant où je suis allé plusieurs fois situé à Kichijoji (Ligne JR chuo et Keio Inokashira): Kemuriya (けむり屋) .

Le charme de cet endroit réside principalement dans l'achalandage du restaurant. Ce dernier ressemble à un vieux magasin de jouets japonais du début du siècle et le nombre important de moulages de poissons éparpillés aux quatre coins de la salle lui donne une atmosphère singulière. Les matériaux en bois utilisés (porte, table, devanture) donnent l'impression de rentrer dans un refuge de haute montagne.

Au niveau culinaire, on ne change pas une formule qui marche, une grande variétés de poissons crus (刺身) mais aussi de poissons séchés (干物) sont à la carte, pas mal de viandes ainsi qu'une grande sélection de salades et légumes; bref, le parfait endroit pour passer un petite soirée festive mais saine à prix raisonnable.


Adresse
Musashinoshi Kichijouji 2-8-1 Sun Palace Bâtiment Minamichou
Rez de chaussée

Lorsque j'étais employé comme gérant de restaurant à Daikanyama, la dernière semaine de décembre prenait l’allure d’un véritable champ de bataille dans les cuisines, les commandes de Sechi atteignant leur sommet.

Le sechi (お節) indique un type de cuisine pour des occasions spéciales. Il est principalement cuisiné le soir du 31 décembre pour célébrer la nouvelle année. C’est la raison pour laquelle ce type de cuisine est également appelé cuisine du nouvel an (正月料理).




















Son origine est chinoise; le sechi était principalement cuisiné pour le changement des saisons ainsi que pour des célébrations tels que les festivals et les jours de remises de diplômes.

De nos jours, au Japon, le sechi est traditionnellement cuisiné à la main même si depuis quelques dizaines d'années, beaucoup de japonais décident de l'acheter dans des grands magasins ou de le commander à des restaurants traditionnels ou encore de se le faire livrer via Internet.

Les plats sont en majorité consommés froids car suivant une ancienne tradition (remontant à l’ère Heian), il est préférable d’éviter l’utilisation du feu dans les cuisines pour ne pas subir l'ire du dieu du feu (荒神).




















Le Sechi (même si sa composition diffère selon les régions) se compose d'une sélection de trois variétés d'entrées (肴三種). Dans la région de Tokyo, ces dernières sont généralement les Tatzukuri (田作り), sardines ou anchois sucrés et salés, les Kazunoko (数の子), des oeufs de hareng salés et les kuromame (黒豆), des graines de soja noires.















Les hors d’œuvre (口取り) sont de gâteaux de riz cuits (雑煮), des kouhaku kamaboko (紅白か まぼこ), des pâtes de poisson, des Datemaki (伊達巻), des omelettes faites avec des crevettes écrasées et assaisonnées de sucre, sel et shoyu, des kurikinton (栗金団), purée de patates douces aux marrons, des kobumaki (昆布巻き), du konbu roulé et de légumes secs cuits à l’eau et séchés marinés dans une sauce soja (お屠蘇).















Les plats étant généralement cuisinés quelques jours avant le 31, ceux qui sont à base de vinaigre (qui permet une conservation plus facile des aliments) sont très présents, on y trouve les namasu (鱠), poissons crus mélangés à des légumes, les Kabu (蕪) qui sont des navets de saison ainsi que les subasu (酢蓮), racine de lotus.















Les plats cuits (mais servis froid) sont essentiellement des poissons, on y trouve de la dorade, des crevettes, du homard ainsi que des anguilles.















Enfin, les sagittaires fléchées, les racines de lotus, les bardanes, les colocases et les ignames constituent les plats bouillis.

Le tout se déguste avec du Toso (屠蘇), alcool de riz mélangé à des épices

L'ensemble est compacté dans une boîte à plusieurs compartiments (箱) et à étages (段), la disposition des plats dans les étages est sujette à un ordre prédéterminé. Le sechi est empiléedans des boîtes à trois ou cinq étages.


Parmi les traditionnelles sorties du mois de mars ( ou plus tard , cela depend du climat  et de la latitude) les japonais, amateurs  de sorties en plein air (外遊び) aiment se regrouper dans les parcs et jardins pour admirer la floraison des fleurs de cerisiers, qui marque le début du printemps,  c'est le Hanami (花見).

L'origine du Hanami date de la période Nara (8ème siècle), période durant laquelle les premiers pruniers importés de Chine furent plantés. Peu après, ils furent remplacés par des cerisiers. D'abord spectacle résérvé aux aristocrates et aux soldats pendant l'ère Muromachi,  il se démocratisa au fil des siècles, et est désormais accessible à tous.




















Un proverbe japonais "花より団子" (Hana yori Dango) signifiant que l'intérêt pratique est supérieur à l'esthétique résume très bien le glissement du sens de cette célébration, traduisant que le Hanami est devenu une fête ou l'on peut se socialiser et boire, plus qu'un spectacle où l'on admire la beauté éphémère de ces arbres en fleurs.














Les parcs les plus visités lors de cette période sont ceux de Yoyogi (代々木公園) et Ueno (上野恩賜公園) . Mes préférences vont toutefois aux arbres plantés près de la rivière Meguro (目黒川) et dans le parc Shouwa Kinen (昭和記念公園) près de Tachikawa.




















A Paris, la communauté des japonisants se regroupe généralement dans les Hauts de Seine (92) ,dans l'immense parc de Sceaux où deux bosquets sont plantés d' environ 150 cerisiers venant du Japon et introduits en France à la fin du 19° siècle.

http://parc.de.sceaux.free.fr/

J'ai travaillé près de Daikanyama pendant quelques temps,et mon ancien collègue (Suzuki) m'avait amené, dans la pespective de trouver des bôites de thé anciennes,au marché de Setagaya.

Le boroichi (ボロ市) est un des marché aux puces (蚤の市) les plus anciens de la capitale (instauré en 1578). A son apogée, les rues abritèrent plus de 20000 exposants.

Son nom vient du fait qu'il était spécialisé dans la vente de vieux vetements; de nos jours, on peut y trouver aussi bien des antiquités, des jouets, des fleurs que de vieux livres.

Il a lieu tous les ans, près de l'ancienne residence du gouverneur de Setagaya, la Daikan Yashiki (代官屋敷) les 15 et 16 janvier ainsi que les 15 et 16 dècembre de 9h à 21h.

Pour s'y rendre , il faut prendre la ligne Setagaya (世田谷線) à Sangenchaya (三軒茶屋) via la ligne Denentoshi (田園都市線) à partir de Shibuya et s'arrêter à la station de Kamimachi (上町駅) ou prendre le bus 21 de Shibuya en direction de Oohashi (大橋 ).

Site Internet
http://www.setagaya-line.com/trip/boroichi/

Situé à Kaminoge (上野毛) sur la ligne Oemachi (大井町線), à quelques encablures de la station de Futago Tamagawa (二子多摩川), le musée Gotoh (五島美術館)  été fondé par Gotoh Keita (1882-1959). Pour ceux qui ne connaissent pas ce monsieur, on dira pour résumer qu'il est le fondateur de l'empire Tokyu (東京急行電鉄株式会社) qui contrôle de nombreuses lignes de train notamment les lignes Toyoko et Denentoshi, mais aussi des grands magasins comme Tokyu et Tokyo hands.
















Le musée rassemble une collection privée d'œuvres d'artistes pré-modernes japonais, chinois, coréens depuis 1960. Il offre des expositions au printemps et en automne. La collection permanente est exposée par rotation pendant le reste de l'année. Le musée comprend également des salles pour la cérémonie du thé et un jardin.





















Le Musée Gotoh possède également une vingtaine de manuscrits provenant de Dunhuang et d'autres sites de la Route de la Soie.




















Adresse
3-9-25 Kaminoge 3-Chome
Setagaya-ku
Tokyo 158-8510

Le musée est fermé le lundi, les jours fériés et les lendemains de jours fériés. L'accrochage est renouvelé à chaque début d'année.

Horaires : de 10 h à 17 h (fermeture des guichets à 16 h 30)
Le musée est ouvert au public de 9 h 30 à 16 h 30. Les manuscrits ne sont pas exposés. Pour les voir, il faut demander une autorisation par écrit.

Site Internet
http://www.gotoh-museum.or.jp/