Aujourd’hui, je tenais à évoquer un lieu plein de souvenirs pour moi : (feu) le café Classic (クラシック).


Autrefois situé à Nakano, à l’entrée de la zone commerciale Broadway, sur la ligne chuo ( le long de laquelle pullulent déjà de nombreux cafés dits « musicaux (名曲喫茶)» surtout à Asagaya et Koenji), ce café a été pendant près de 75 ans le rendez-vous des tokyoïtes amoureux de musique classique. Il a malheureusement fermé ses portes le 31 janvier 2005 après le décès de son propriétaire, le charismatique M.Misaku (美作さん).
















Dans une ville en  constante effervescence, où les bâtiments poussent  comme des champignons, où la concurrence force beaucoup d’enseignes à fermer rapidement sitôt inaugurées, le  Café Classic ラシック faisait  partie  des quelques  trop  rares échoppes datant d’avant guerre. L’ambiance intérieure du lieu, savant mélange baroque composé par accumulation d’antiquités et de dessins, ainsi que sa façade d’époque donnaient l’impression que le temps n’avait pas eu de prise sur lui.
















A mi-chemin entre musée et magasin, c’était à chaque fois pour moi une plongée dans le passé lorsque j’y allais, la poussière et la vétusté des objets renforçaient ce sentiment.


Ce cachet suranné, entretenu par une sélection musicale de premier ordre (eh oui, surprise, basses et sirènes lancinantes ne sont pas mes seuls critères musicaux personnels), faisait de ce café un lieu inimitable et chaleureux. D’ailleurs, peu de temps après la fermeture, une vente privée fut organisée à Ginza pour disperser la collection de vynils de M.Misaku ainsi que de nombreux croquis de cet ancien dessi-nateur professionnel.

Un dvd retraçant l’histoire de ce lieu-culte est en vente au café violon d’Asagaya (ヴィオロン)


Adresse du café violon
Tokyo To
Suginami ku asagaya kita 2-9-5
Ouvert de 12h à 22h



Manger du fois gras avec du pain rassis est considéré comme un manque de goût et de savoir-vivre, mais manger des ramens sans poivre GABAN (ギャバン) peut être considéré de même. Pour les plus attentifs d’entre vous, vous avez sûrement remarqué cette boîte métallique grise et violette, cylindrique le plus souvent, coincée entre le shichimi (Poudre épicée) et l’ail déshydraté qui ornent les comptoirs de toute bonne enseigne de nouilles japonaises dignes de ce nom.















Plus qu’un poivre (puisque son goût ne diffère pas énormément des autres produits vendus sur le marché), ce dernier (et de cette marque-là précisément) est une indissociable d’un restaurant de ramens, implanté dans l’inconscient collectif, un peu comme la moutarde l’est au hot-dog.

La société qui le produit, dont le siège social se situe dans l’arrondissement de Chuo et qui possède trois usines (à Tochigi, Shizuoka et en Malaisie) a depuis quelques années diversifié son activité en proposant outre ce poivre, de nombreuses sauces et poudres épicées ainsi qu’une gamme de biscuits-apéritifs.















Malheureusement pas importé en France (le monopole des épices appartenant à la société S&B foods), il vous faudra le commander sur le net ou pour les plus avisés, le ramener directement du Japon.

Plat chinois à l’origine, le champon (ちゃんぽん) qui signifie mélange/mixture est apparu au Japon sous l’ère Meiji à Nagasaki ; c’est un plat extrêmement populaire de part sa fonction rassasiante et son prix relativement attractif.

Même si sa composition varie selon les régions et les saisons, on y retrouve principalement du porc frit, des fruits de mer, des légumes, cuits dans un bouillon de poulet et d’os de cochon, le tout servi avec des nouilles.















A Tokyo, de nombreuses chaînes de restaurants comme Ringahatto (リンガーハット) proposent ce plat, mais pour les puristes qui veulent déguster ce plat typique du sud du Japon, une seule adresse satisfera vos palais, RaiRaiRai (來來來) située dans le très prisé quartier de Sangenchaya (三軒茶屋).

Installé dans une petite rue perpendiculaire à l’avenue Chazawa (茶沢通), ce petit magasin qui ressemble plus à un cordonnerie ne vous proposera certes pas l’atmosphère la plus cossue pour un restaurant mais sans aucun doute, le meilleur Chanpon de la ville.

Servies évidemment avec la sauce soja locale : choko (長崎のチョーコー), les portions sont conséquentes, les nouilles épaisses (太い麺), la soupe dense (濃厚なスープ).. ou comment pour 800 yens on peut déguster un vrai plat local copieux et varié















Adresse

RaiRaiTai(らいらいらい)
Setagaya,Taishidou 4-27-10

Horaires

11:30~22:00
Fermé tous les 5、14、15、25 du mois


« Tatami » est un des mots qui ressort le plus quand on évoque la culture japonaise, gravé dans l’inconscient collectif, il représente le Japon pour une majorité d’entre nous, japonisants ou non.

Le tatami, fabriqué à partir de couches de paille de riz, est utilisé comme revêtement de sol depuis la période Heian (平安時代), soit le VIIIème siècle. Il s’est avéré être un outil parfait pour la standardisation des surfaces dans l’habitat et fut pendant de très longs siècles utilisés dans les maisons individuelles japonaises et le temples. Depuis quelques années, il est délaissé au profit de revêtements de type occidentaux, plutôt lisses tels que la pierre et surtout le parquet.

Lors d’un barbecue à Odawara, j’ai eu la chance de rencontrer M.Uchida, plus communément surnommé Daddy U, propriétaire de l’usine de tatami Uchida (内田畳店) située dans une des parties les plus reculéee de la préfecture de Kanagawa dans la municipalité d’Ashigara (南足柄市) à Tsukahara (塚原).















Après avoir tissé des liens solides avec lui, j’ai eu l’opportunité de faire une visité guidée de l’établissement, histoire de parfaire ma culture sur la fabrication de ces véritables objets d’art.

Comme l’enseigne peut le laisser imaginer, l’usine Uchida existe depuis déjà de nombreuses années. Fondée en 1810, quatre générations se sont succédées à sa tête. Daddy U, de son vrai prénom Takahiro, entame quant à lui sa quatorzième année dans le métier.


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Profitant de son expérience et de sa gentillesse, il m’a décrit une par une les différentes phases de la fabrication des tatamis.

La première phase appelée OmoteHari (表張り) ou phase de tension : la paille tricotée qui est la surface du tapis est positionnée sur son support.


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Ensuite la phase du WakuMaki (框まき) permet de solidariser cette partie supérieure du tatami (畳表), sur celle qui constitue le support (土台) en en rabattant les bords et en les cousant.















Ensuite, la phase Hirasashi (平刺し) voit l’aiguille former des séries de lignes parallèles de couture sur l’ensemble de la surface.















Enfin la dernière phase, appelée Kaeshimei (返し縫い) permet de faire la finition du bord inférieur sous le tatami.















Au bout de ces quatre phases qui nécessitent une demie heure, le tatami est prêt à l’emploi !















Comme évoqué supra, la fabrication de tatamis pour l’habitat étant en forte régression, l’entreprise Uchida a concentré son activité sur deux pôles : les tatamis pour temples et sanctuaires ainsi que les tatamis de tailles et de formes diverses à usage décoratif. Autrefois traditionnel, le Tatami se veut de nos jours un ornement relativement onéreux, signe de distinction…















Le Yae tatami (八重畳) vendu environ 1200 euros

Support à Encens de style néo-japonais


Enfin, je ne pouvais pas clore cet article sans remercier mon Hôte : Daddy U qui m’a outre cette visite, accueilli de nombreuses fois chez lui, présenté à ses parents, son épouse, ses enfants et qui je dois le dire (avec un brin de nostalgie) est une sorte de grand frère. Merci pour tout l’ami en tout cas !



En se promenant en soirée à Yokohama aux alentours de Akarenga (赤レンガ) et de Yamashita Koen (山下公園), il n’est pas rare d’apercevoir de somptueuses Cadillac customisées dévaler les routes.



Le lowriding, originaire de la côte ouest américaine et de la culture mexicano-américaine, peut se décrire comme la customisation de véhicules notamment les modèles de voitures des années 1950 de marque prestigieuse comme Chevrolet, Buik, Pontiac ou encore Cadillac.


La suspension hydraulique est le point commun de ces véhicules, même si au fil des années, la customisation de l’intérieur (volants, sièges, banquette arrière) et de la carrosserie sont venues agrémenter le travail de personnalisation des lowriders.




 


Introduit au Japon au début des années 1980, la culture lowrider, s’est au fil des années développée de manière importante. Popularisée auprès des masses par les rappeurs DS455 (avec le titre Lowrider 4 life) ou encore Ozrausorus (et le titre Rollin’ Rollin’), les clubs de passionnés se comptent aujourd’hui par centaines.

La majorité des artistes de la scène westcoast japonaise sont d’ailleurs d’anciens patrons de ces clubs ou des amateurs assidus des Amesha (アメ車).



Les plus connus de ces clubs étant Caltrend situé à Yoshikawa (Saitama) et Crue’s à Kawasaki (Kanagawa) tenu par M.Oomeki.





Les véhicules sont importés des Etats-Unis, la plupart du temps par Takashi Kikuchi (武志), propriétaire du label H.G.P et Yuruzu Oishi. Ils sont vendus deux à voir trois fois le prix d’achat. C’est donc un marché juteux pour les revendeurs américains et vous l’aurez compris une passion qui demande un budget conséquent. La remise en état ainsi que la customisation du véhicule oscille entre 26000 et 40000 euros.




















De nombreux magazines spécialisés tels que lowrider magazine ont vu le jour et d’importants concours sont organisés dans les grandes villes nippones comme le lowrider show, le clou du spectacle étant la finale nationale se déroulant à Chiba à Makuhari Messe (幕張メッセー).



Au contraire de la France où chaque matin, se rendre au travail pédibus est un véritable challenge pour garder ses semelles intactes et son déjeuner du fait des déjections urinaires et fécales, les Japonais, pour garder leurs rues  propres ont mis en place tout un attirail de pièges à animaux domestiques.














Dans ce registre, à Tokyo, il n’est pas rare de voir dans les rues ainsi que près des temples, alignées le long des murs et façades de bâtiments, de nombreuses bouteilles remplies d’eau en plastique. On n’appelle cela le Neko Yoke Saku (猫よ け策) que l’on peut traduire par plan anti-animaux domestiques.


C’est un procédé récent, apparu au milieu des années 1990 au Japon et qui est originaire de Nouvelle-Zélande. Il a très vite remplacé les pièges traditionnels (voir photo ci-dessous), essentiellement pour des raisons de coût.


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Même si, visuellement, ce n’est pas rendre service à une ville qui  intrinsèquement, est dépourvue d’âme, cela s’avère être une alternative  judicieuse pour  garder propres les abords de sa maison.

Même si je n’ai mangé pratiquement que de la cuisine japonaise pendant sept ans, de temps en temps, des envies soudaines de riz frit au bacon ou encore des tortillas envahissaient mon esprit. Dans ces cas-là,  une seule chose à faire, aller à Honey Bee situé à Shioiri (入駅) , station de la ligne Keikyu (京浜急行).














Essentiellement connu pour abriter la base navale de la marine américaine (米海軍横須賀基地), le quartier a donc une forte connotation US. Honey Bee ne déroge pas à cette règle et c’est un peu quelque chose de Tennessee (comme dirait l’autre) que l’on retrouve chez Honey Bee. Le magasin est plutôt grand, ambiance restaurant d’autoroute américain sur lequel le temps ne semble pas avoir de prise.









Le menu est incontestablement l’attraction de cette enseigne, fondée en 1968. Un choix colossal de plats qui vous feront tout, sauf maigrir, mais de temps en temps, quand c’est si bon, les abus sont pardonnés. Une ribambelle de plats, dont les portions sont toutes aussi gigantesques les unes que les autres, sont au menu, le Bacon fried rice et le Cheese burger  restant les deux meilleurs plats.





























Bref, pour ceux qui n’ont pas peur de faire un jogging pour éliminer le lendemain, une adresse tout simplement incontournable ; 1000 yens suffiront amplement a vous remplir la panse.


Adresse

Kanagawa Ken Yokosuka shi Honchou 2-1 Batiment Honcho
Rez de chaussée

Site Internet

http://honeybee-yokosuka.com/